Ma chronique de Trois Fois la Colère, de Laurine Roux

Résumé
Aux confins des Alpes, à l’époque médiévale. Hugon, seigneur de Bure, être cruel et tyrannique, marque son temps et sa lignée au fer rouge avec la bénédiction de l’Église. Encore adolescent, il n’hésite pas à accuser un innocent afin de couvrir un crime que lui-même venait de commettre. Un simulacre de procès conduira le pauvre homme au bûcher, où il brûlera sous les yeux de Gala, sa fille à la beauté irradiante. De ce jour, recluse dans les bois de Bénévent, Gala s’ensauvage.
Un jour, Hugon la soumet. De ce viol naissent trois enfants. Chaque nourrisson porte au cou la marque du seigneur de Bure, un coquelicot cousu à même la peau. L’accoucheuse confie Reine à Clarisse de Bure, épouse du seigneur, qui se croit stérile, et abandonne Éphraïm, garçon aux yeux vairons, sur le seuil d’un prieuré où un bénédictin l’élèvera comme son fils. Quant à la troisième nouvelle-née, laissée pour morte, elle sera l’idiote, l’attardée sublime, surnommée Mange-Ciel.
Tout en remontant la généalogie de cette histoire de pouvoir, de vengeance et de justice au temps du Moyen-Âge, Trois fois la colère s’empare de quelques-unes des questions qui taraudent notre modernité : la domination masculine, le hiatus entre la justice et la vengeance, la tension entre l’empire du passé et les identités à inventer. À quoi s’ajoute ce personnage central de toute l’œuvre de Laurine Roux : la nature. La nature toujours souveraine, toujours promesse de refuge, immuable symbole de l’amour, de l’espoir et de la révolte.
Mon avis
Vraiment, une superbe découverte. Je ne connaissais ni l’autrice ni cette maison d’édition. On m’a offert l’ouvrage en me disant que ça me correspondait bien – du roman historique dans une période que j’aime, et tout à fait mes thèmes.
Le récit tourne autour de la vengeance et de l’héritage, des tromperies et du mensonge, avec beaucoup de violences et d’injustices. Les trois colères viennent des triplés dont on conte l’histoire mais aussi des trois générations nécessaires à la réparation des crimes du grand-père. Un personnage absolument idiot et odieux qui vient illustrer l’esprit des croisades de l’époque.
S’y oppose des femmes, des prêtres, la nature. L’équilibre et la culture, l’apprentissage et l’humilité, la simplicité de vivre. Les actes sont moches mais les messages sont beaux. le style est hyper dense, bourré de lexiques et de métaphores qu’il faut souvent relire pour bien s’imprégner. C’est serré, pressé, dur à avaler, long à digérer.
Une lecture qui m’a marquée et que je recommande chaudement aux âmes pas trop sensibles.
Image : Trois Fois la Colère par Laurine Roux
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